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La SEXUALITE |
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La sexualité et le cancer. Quel sujet délicat !Sujet tabou ou sujet oublié ? Comment se fait-il que l’on ne parle jamais de ce qu’est devenue notre vie sexuelle lorsque nous sommes atteints de cancer ? Est-ce que cela signifie qu’il n’y a eu aucun changement ou si cet aspect de notre vie est devenu bien secondaire ? Qu’en est-il pour le conjoint ou la conjointe ? Est-ce une partie de notre vie que nous devrions oublier ?Que de questions sans réponses !Je me souviens très bien que le soir du premier traitement de chimiothérapie, mon conjoint et moi, nous ayons fait l’amour. C’était notre manière de célébrer la vie et l’espoir, sans oublier l’Amour. Que d’illusions ! Non pas sur l’amour, la vie et l’espoir, mais sur mes futures prouesses sexuelles.Que ce soit suite à la chimiothérapie, la radiothérapie, des médicaments ou à une ovariectomie, bien souvent les femmes deviennent ménopausées. C’est à partir de là, que tout commence : " C’est la panne sèche, dans tous les sens du mot. " Voilà que la libido tombe à zéro !Comment expliquer à l’autre que l’on n’a plus de désir quand on ne comprend pas ce qui nous arrive ? Il n’y a plus aucune réaction dans notre corps et ce n’est pas psychologique ; il n’y a vraiment plus aucune pulsion sexuelle. Pourtant, l’amour est toujours là et l’amoureux aussi. Le cancer vient de nous voler un autre aspect de notre vie et de la vie de notre conjoint. On a beau dire que dans la vie il n’y a pas que le sexe, mais il y a quand même le sexe !Dans toutes les rencontres que j’ai participées, jamais on a parlé de sexualité. Même lors d’une rencontre spéciale ayant pour but de traiter de tous les aspects du cancer, ce sujet n’était pas à l’ordre du jour. Lorsque j’en ai fait la remarque, je n’ai reçu aucun appui des autres participants. Et un an plus tard, ce sujet n’était toujours pas à l’ordre du jour.On entend dire que le cancer sépare souvent les couples, peut-être est-ce un facteur important. En tant que conjoint, il faut aimer profondément pour accepter de faire le deuil de sa sexualité, car c’est ce qui arrive avec le temps si on ne fait pas attention. Il m’est arrivé de demander à des amies atteintes de cancer, si pour elles, tout allait bien. Certaines m’ont dit qu’il y avait longtemps que cela n’existait plus dans leur couple. À ce moment, je voulais plutôt parler de sécheresse vaginale, de libido ou de fréquences ; mais pas d’abstinence totale. Je n’arrivais pas à croire que cela m’arriverait. Malheureusement, c’est le cas. Cela se fait doucement et sournoisement sans que l’on s’en rende compte, jusqu’au jour où cela nous arrive. C’est arrivé, à moi et à mon conjoint.Recommencer à faire l’amour est devenu un défi aussi grand que de vouloir faire un marathon ! Et, avec l’énergie que l’on a, on en est encore loin car on n’a pas encore franchi l’étape de l’inscription. Pourtant, je refuse de me résigner à laisser aller cet aspect de ma vie, pour moi et pour mon conjoint !Et qu’en est-il pour les hommes atteints de cancer ? Un homme de plus de 70 ans, traité pour un cancer de la prostate, n’acceptait pas de ne plus avoir de vie sexuelle ! Alors, à quel âge est-ce normal de faire le deuil de notre sexualité ? 20, 30, 40, 50 ANS ou plus, ou n’y a-t-il tout simplement pas d’âge ??? |
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